rogue banniere
 
Edité par  Cellar Door Games
Développé par Cellar Door Games
Sortie en France le 27 Juin 2013
 
 

 

Donjons & Sanctions

rogue mapEst-ce que ce jeu semble tout droit sorti d’une vieille malle poussiéreuse ? Oui ! Est-ce qu’il sent la relique pixélisée d’antan ? Assurément ! 

Il en a l’allure, il en a la saveur, c’est pourtant un jeu de 2013, Mesdames Messieurs, il s’agit de Rogue Legacy.

C’est une petite perle du jeu indépendant que nous propose Cellar Door Games : un titre généreux, qui prend pied dans un univers héroïque fantaisiste, dans lequel vous incarnerez une multitude de personnages tous issus de la même lignée. Car le principe de ce jeu est celui du « die and retry » (pour les moins anglophones d’entre vous, mourir et recommencer) Et c’est bien là ce que vous allez faire, encore et encore un personnage après l’autre.

rogue deathVous incarnerez un premier héros de niveau 0, avec donc des statistiques aux ras des pâquerettes. Autant dire que vous n’irez pas loin lors de votre première visite du donjon. Donjon qui change de configuration à chaque nouvelle partie, et c’est bien là toute la sève de Rogue Legacy : Recommencer avec un nouveau perso (la descendance de votre précèdent héros) puis, plus riche de quelques po et de votre expérience, tenter d’aller toujours plus loin dans une un donjon qui se génère aléatoirement et qui  regorge de pièges, de monstres, et de trésors !

 

Un donjon donc, que vous arpenterez des centaines de fois sans pour autant avoir l’impression de refaire la même chose. En plus des pièces qui changent d’agencement, le choix du personnage permet également d’aborder le jeu sous une multitude d’angles : Car oui, les enfants de feu vôtre perso sont nombreux et ont choisi des cursus variés : Magiciens, assassins, barbares, paladins (…etc.) il y en aura pour tous les goûts selon que vous soyez plus corps à corps que « caster », ou plus attaque que défense. Chaque personnage se voit attribuer un sort ou armes secondaire random.

De plus, l’aléatoire de la génétique vient ajouter encore plus de variables : nanisme, gigantisme, daltonisme, paranoïa…Oui la nature est cruelle dans cette famille. Il existe un nombre incalculable de combinaisons de personnages ! Certaines de ces caractéristiques pourront tantôt vous avantager, tantôt vous pénaliser, ou bien ne rien changer, étant purement là par simple trait d’humour de la part des développeurs  (je prendrai comme exemple le héros qui souffre de flatulences, ou encore celui atteint du syndrome de la Tourette, et j’en passe). Bref, choisissez votre personnage avec soin : certaines zones du donjon ne sont accessibles qu’aux nains par exemple. Certains sorts sont plus avantageux sur certains types d’ennemis ou selon le boss que vous affrontez. A vous de trouver la combinaison qui vous semble la plus viable  au moment du choix de personnage et qui correspond le mieux à votre façon de jouer.

rogue arbreLa dimension rpg intervient via le levelling de votre personnage qui gagnera ainsi en stats, mais pour « upper » votre héros en carton, rien de tel que de l’or vaillamment gagné au combat. Ainsi, à chaque mort, vous vous retrouverez avec une certaine fortune en poche (selon la réussite de votre partie), fortune qui peut être réinvestie dans votre arbre de talent, lequel permet d’améliorer votre vie, votre résistance, votre jauge de mana, votre capacité à porter des objets etc. (je vous laisse le plaisir de découvrir toute les possibilités, et elles sont nombreuses). Vous pourrez également débloquer des pnj qui vous permettront de vous équiper plus sérieusement.  Le forgeron sera votre fournisseur d’armes et d’armures par exemple,  et la sorcière vous proposera des runes, qui vous donnerons accès à de nouvelles capacités de mouvements et autres enchantements. Notez qu’il est conseillé d’investir autant d’or que possible avant de retourner dans le donjon, sachant que Charon, le gardien de la porte d’entrée, vous rackettera systématiquement tout ce qu’il vous reste en poche pour vous laisser passer !  Fumier !

Votre héros deviendra ainsi plus fort, plus rapide, plus endurant, une partie  après l’autre, vous permettant d’aller toujours plus loin et vous poussant à cliquer sur « new game » encore et encore comme un junkie en manque.

Le donjon est vaste et se compose de quatre ailes. Vous comprendrez très vite que vous n’avez pas le niveau pour arpenter toutes les ailes dès le début, bien qu’étant toutes accessibles. Il y a un ordre à respecter, chaque zone étant d’un niveau de difficulté différent.

Vous pouvez cependant tenter votre chance mais la punition ne saurait tarder …

rogue bossChaque aile est pourvue d’un thème visuel et musical particulier, ainsi que des ennemis spécifiques. Mais surtout, pour chacune des 4 zones il y a un boss ! A chaque boss vaincu, un sceau, un symbole, est placé dans la porte principale, laquelle, une fois ornée des 4 sceaux (donc une fois les 4 boss tués), s’ouvre et vous donne accès au Boss Final. Une fois le méchant vaincu, vous aurait ensuite l’occasion de rejouer une partie en difficulté +1, puis +2 etc. et ce, sans perdre l’état d’avancement de votre personnage : vous garderez votre arbre de talents, vos armes, vos runes, bref, tout ce que vous avez durement gagné, et vous  repartirez à l’assaut du donjon qui sera, cette fois, beaucoup moins gentil avec vous (des monstres plus nombreux, plus gros plus rapides, plus résistants, et aux attaques plus dévastatrices : en somme, vous ne serez pas le seul à avoir pris du galon. Un nouveau challenge s’offre donc  à vous, vous permettant de pousser votre personnage et vos « skills » toujours plus loin. Et des niveaux de difficulté y a une tartine… D’ailleurs, le jeu perd beaucoup de son intérêt si vous vous cantonnez  à ne le finir qu’une seul fois, puisque vous ne profiterez pas des très nombreuses améliorations, personnages, armes, qui ne sont accessibles que si vous persévérez dans l’aventure. Voyez votre première victoire sur le jeu comme un très gros entrainement à ce qui vous attend après !

Alors oui, il va falloir retrousser ses manches et enchainer les parties pour se voir révéler le plein potentiel de ce Rogue Legacy, qui a l’air d’un gringalet comme ça avec sa 2D et ses gros pixels mais qui, pourtant est, selon moi, un poids lourd du jeu vidéo.

 Le potentiel de rejouabilité est colossal, le bestiaire est bien garni, proposant des ennemis aux « patterns » très variés que vous apprendrez…dans la douleur. Enfin, Le gamelay  est fluide, dynamique et surtout, évolutif. Ajoutez à ça une bonne dose d’humour et vous avez les ingrédients de ce titre génial

Un jeu qui piquera les yeux des plus sensibles d’entre vous pour peu que vous ne juriez que par les shaders, lumières volumétriques et les texture photo-réalistes ! Mais je gage qu’il y aura parmi mon audience, quelques individus plus sages qui ne se laisseront pas rebuter par cette illusoire esthétique désuète. Car il y s’agit là d’une œuvre à laquelle on joue, pas pour son histoire ni pour ses graphismes, mais pour son gameplay ! Et ça c’est rare : un titre à jouer, pour de vrai !

Alors, même une fois passé le cap de l’esthétique, Rogue Legacy ne plaira pas forcement : très punitif, demandant patience et persévérance, certains se lasseront de cet éternel recommencement (que la musique répétitive à tendance à appuyer) tandis que d’autre y verront un challenge à relever, et se délecteront de la diversité des approches. Des masochistes donc.

Un jeu faussement old school dans son emballage mais qui mélange et sublime plusieurs années de rogue-like et de plate-forme. Un héritage qui a su être réinvesti avec brio pour finir dans un pot-pourri vidéoludique qui, si vous succombez à ses charmes, va vous tenir scotché à votre écran des heures durant.  

A vos épées mes braves, et chargez !!!!

rogue charon

 

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