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Edité par Playdead
Développé par Playdead
Sortie en France le 29 Juin 2016

 

 

“ We all live in a Yellow Submarine ”

Aujourd’hui on se penche sur le studio danois Playdead qui nous livre, 6 ans après Limbo, une nouvelle pépite du jeu indépendant ! Encore une fois pour on y incarne un personnage enfantin et chétif, fragile mais plein de ressource qui doit progresser dans un univers oh combien hostile.

Cette progression s’effectuera par séquences de plateforme et  d’énigme. La prise en main est immédiate et intuitive, puisque ne sollicitant que le joystick et un bouton d’action, pour vous déplacer et interagir avec votre environnement.

inside monde cruelD’entrée de jeu, vous ignorez tout de votre quête, de votre objectif si ce n’est qu’il faut éviter de vous faire choper par ceux que l’on appellera « les autres ». Car vous êtes largué direct dans un monde qui, clairement ne va pas bien, ou chacun semble s’agiter à faire des contrôles ou des expériences que vous ne comprenez pas et,  ou chaque fois que l’on vous aperçoit, on tente de vous estourbir ! Monde de merde ! Dès le début, votre statut semble donc être celui de fugitif.

Alors, si Limbo, prenait pied dans un univers un peu plus onirique, ici on est carrément plongé dans une réalité froide, rude et parfois glauque. On évolue dans une pseudo 2D intelligemment jumelée avec des valeurs de plans changeantes qui insufflent du rythme à notre aventure. En effet, les mouvements de caméra et le Level Design sont suffisamment bien pensés pour dynamiser notre périple et créer des moments de tension, ou de respiration. La mise en scène est ainsi discrète mais néanmoins très efficace.

Jusque-là, on est assez proche du grand frère me direz-vous ! Mais, là ou Inside s’émancipe c’est, je trouve, dans sa noirceur et ses énigmes méchamment bien trouvées. Limbo était Sombre mais son univers et sa patte graphique lui donnaient un caractère Burtonnien qui le détachait un peu de la réalité (avec des jeux de silhouette et de des contre-jours). Hors, ici on est dans une représentation graphique du personnage et de l’environnement plus réaliste et plus concrète. Même si c’est une réalité esthétisée avec des partis pris artistiques certains.

 

Les textures sont peu complexes, lisses mais suffisantes : on a une palette de couleurs restreinte et majoritairement terne, ce qui pose une ambiance inquiétante et un peu morose, qui est sublimée par l’emploi des lumières (souvent timides) et éclairages de qualité. Visuellement c’est  propre, c’est même beau ! Inside offre un décor tout à fait singulier, captivant et sinistre. Enfin, les animations corporelles sont elles aussi travaillées et donnent vie à notre petit personnage avec plus de réalisme. Sa fragilité, ses inquiétudes, sa fatigue, sont ainsi très bien retranscrites sans pour autant qu’un seul mot ne sorte de sa bouche.

Un réalisme qui exacerbe d‘autant plus une violence souvent crue. Oui, le fragile corps de notre héro sera parfois bien malmené par les nombreux pièges mortels qui jonchent votre route.

Playdead convoque des puzzles d’une rare originalité qui s’intègrent parfaitement à l’univers dystopique d’Inside et qui se révèlent, à défaut d’être  très complexes, toujours ludiques et inspirés.  En effet, La difficulté du titre est bien dosée puisque on ne peut pas dire qu’Inside soit un jeu prise de tête, sans pour autant être un titre que l’on peut rusher : vous aller quand même devoir cogiter un petit peu bande de feignasse !

Les phases de jeu sont  très diversifiées tout comme le types d’énigmes proposées, et playdead à toujours le bon goût de ne pas les surexploiter. Ainsi le joueur est gratifié d’une avalanche de situations différentes, sans copié collé, qui lui permettent de ne jamais tomber dans la routine (et donc de ne jamais s’ennuyer). Une qualité qui me rappel un autre jeu court, que je vous ai déjà présenté, à savoir, Brothers a tale of two sons.

inside peripeties

La bande son est minimaliste au possible mais d’une grande justesse quand il s’agit de vous oppresser, de vous stresser ou de vous faire souffler entre deux péripéties.  On est ainsi totalement absorbé par ce monde étrange,  aseptisé et triste qui utilise avec brio la profondeur de champ et  les différents plans de ses environnements. Inside exploite pleinement l’image pour distiller un maximum d’informations sur son univers.  La 2d n’est ainsi pas un frein à un peu observation ou contemplation, Inside s’avère au contraire étonnement généreuse même par le biais d’un scrolling horizontal.

inside scenario

Chaque zone que vous arpentez se révèle donc riche en informations et vous raconte, par succession de petits éléments, de scénettes, décor après décor, son histoire.

Une histoire qui se découvre et s’interprète exclusivement par l’enchainement de ces environnements variés qui s’articulent avec  subtilité et cohérence. Soyez donc attentif à ce qui vous entoure, car il n’y aura ni dialogue, ni voix off pour vous orienter dans vos interprétations. Et même avec un bon sens de l’observation, je gage que beaucoup de points d’interrogation resteront en suspens.

 La fin (que je ne vous spoilerais) pas, risque c’est certain d’en laisser plus d’un dubitatif, et il y a fort à parier qu’après le dénouement vous irez faire un petit tour sur l’ami Google.

L’expérience Inside ne s’arrête pas à son générique de fin et va occuper votre esprit un bon moment pour comprendre ce à quoi vous avez joué…Et bien je vous le dis, vous aurais joué à un une perle d’inventivité, de narration et de rythme. Un titre très court et pourtant si riche, si généreux avec le joueur, qu’on en a du mal à lâcher la manette arrivé à l’écran de fin. Si Limbo a su vous faire rêver en son temps, Inside va clairement vous envoyer encore plus loin! Le petit dernier de Playdead est artistiquement bluffant, techniquement brillant et surpasse son ainé dans son foisonnent de bonnes idées et l’intelligence de leur utilisation.  Honnêtement, une fois passé la frustration d’un scenario difficilement accessible, on se rend compte que ces 4 heures de jeu étaient tout bonnement exemplaires ! Alors maintenant, on prend son joystick, on chauffe ses neurones et on plonge sans plus attendre dans ce petit chef d’œuvre qui mérite largement sa place au panthéon du genre plateformes-réflexion.

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