doom banniere

Edité par Bethesda Softworks
Développé par id Software
Sortie en France le 13 Mai 2016

 

 

“ Bien saignant svp ”

Ce mois-ci ont fait la part belle aux démembrements et aux grosses paires de couilles, puisque nous allons nous pencher sur le délicat Doom. Doom… une licence qui fait parler d’elle depuis plus d’une 20aine d’années, et pour cause, le premier opus de la série sortie en 93 a popularisé et lourdement influencé le genre du FPS. Je ne vais cependant pas vous faire l’historique de cette saga culte, donc sans perdre une minute, attaquons-nous à ce reboot de 2016 !

doom doomguyID software connait son affaire quand il s’agit de FPS, et il nous le prouve avec un titre sur-vitaminé et gore au possible !

Dès les premières secondes vous comprenez que vous n’êtes pas là pour distribuer des bisous et chocolat ! 

Le postulat de départ, c’est que vous, le DoomGuy, soldat parmi les soldats, suprême bourrin devant l’éternel, êtes réveillé de votre profond sommeil, avec une fois de plus la lourde mission de botter le cul des armées infernales qui déferlent Mars ! Et oui ! Les scientifiques maladroits de l’UAC y ont ouvert un portail droit sur les enfers et blablablibalabla enfin bref, ce n’est pas de bol, surtout pour toutes les pauvres créatures qui vont avoir le malheur de croiser votre route….

doom UAC

Vous enfilez donc votre belle et grosse armure, et c’est parti pour environ 15 heures de boucherie décomplexée.

Je ne m’attarde pas plus sur le scénario, car il n’y a de toute façon pas grand-chose à ajouter : Une narration convenue au service d’une histoire qui tient sur un timbre-poste, autant dire que vous ne serez pas éblouie de ce côté-là. 

Premier constat : le jeu est Relativement beau, à condition de ne pas coller les textures de trop près et de faire fi de leur chargement un poil tardif. Ensuite, et c’est là ce qui nous intéresse le plus, c’est fluide au possible et foutrement agréable à prendre en main.

Le personnage réagit au poil, les déplacements sont vifs et précis, ce qui confère à nos combats un super dynamisme et une nervosité vraiment jouissive !

On explose des hordes de monstres à tour de bras, en courant et sautant dans tous les sens, profitant du moindre mètre carré que nous offrent les maps qui, pour la plupart, sont d’ailleurs sacrement bien pensé pour les sessions frénétiques (mais on y reviendra). En tout cas, niveau gameplay, c’est aux petits oignons

doom glorykillParmi les nouveautés que propose le titre, on notera les fameux « Glory Kill », qui consistent en des exécutions brutales, et au corps à corps, effectuables sur des ennemis à l’agonie (rappelant un peu l’esprit des Fatality de Mortal Combat). Notez que, pendant l’animation de « Glory Kill », vous êtes invulnérable.

Une occasion donc de rajouter encore plus de gore là où on imaginait que c’était impossible, et de récupérer munitions et santé sur les corps en charpie de vos victimes.

De plus, ces « Glory Kill » peuvent s’avérer pratiques dans un soucis d’économie de balles, et ludique, tant les animations proposées peuvent varier, même si au bout de huit heures de jeu vous commencerez à vous lasser. Vous en aurez fait le tour d’une part, et la nécessité de finir certains enemis au corps à corps pourra parfois briser le rythme des combats grisants que permet votre arsenal de sauvage.

Car oui, Doom c’est bien sûr, et avant tout, le plaisir de manipuler des armes toujours plus puissantes et bruyantes !

doom weaponsDes shotguns, des fusils plasma, des lances roquettes et plein autres classiques de la licence vous attendent, et le plus beau c’est que ces petits joujoux sont améliorables. Et oui, un ennemi après l’autre, ce qui s’apparente à une jauge d’xp se rempli jusqu’à former un logo complet. Une fois ce logo rempli, vous gagnez un point d’amélioration qui est donc utilisable pour booster une arme de votre choix (capacité de chargeur, dégât occasionnés, cadence de tir etc.) En plus de ces points d’améliorations, vous croiserez de temps à autres des drones de terrain qui permettent des modifications encore plus violentes et sympas ! Bref, vous aurez de quoi chouchouter vos engins.

Outre vos armes, vous aurez également la possibilité de upper votre personnage, notamment via les jetons « Praetor » que vous arracherais aux cadavres de certains soldats. Ce jetons « Praetor » en main, vous pourrez le dépenser pour la cartographie, en dextérité, résistance etc. bref, tout un tas de choses qui vous rendront la vie plus facile pendant votre séjour sur la planète rouge.

Enfin, il y les surcharges énergétiques, qui sont des objets plus rares, profitables aux choix, à votre santé, votre armure ou vos munitions.

Bon, si on résume, l’amélioration armes/perso se fait via l’xp, les drones, les jetons « Praetor » et les surcharges énergétiques… De mon point de vue, ça fait un peu beaucoup, surtout pour un titre comme celui-ci, où j’envisage surtout ma progression en terme de skills, plutôt qu’en assistanat et améliorations à tout va. D’autant que les habituels « power up » sont toujours présents, et disposé ici et là dans les arènes, vous octroyant un petit coup fouet salvateur pendant un échange musclé.

Après, c’est sympatoche toutes ces améliorations… Y a une petite touche RPG, et puis les gens aiment bien tripatouiller leur perso et leurs armes, même si ça n’a rien à foutre dans un Doom et qu’en fin de compte c’est très dispensable. Je deviens peut-être un vieux con, et pour être tout à fait honnête, ça ne m’a absolument pas gâché mon plaisir de jeu. En gros, ceux qui aiment ça y trouveront leur compte, et pour les autres (comme moi), ça ne devrait pas être un gros frein au panard que vous allez prendre en éparpillant du démon un peu partout.

doom upgrades

On notera aussi la présence des épreuves runiques qui sont, si je puis dire, des mini jeux plus ou moins bien cachés dans les niveaux. Une fois trouvé, vous embarquez pour un petit challenge toujours sympa et différent du précédent, ce qui permet de varier un peu le rythme.  En cas de succès, vous débloquez une rune qui, encore une fois, est une amélioration, passive cette fois, et soumises à condition (genre tuer 100 diablotins avec le shotgun pour qu’elle soit effective). Voilà, c’est sympa, c’est bonus, et ça encourage la curiosité sur les maps. D’ailleurs, je vous invite encore une fois à être curieux, puisque c’est en fouinant que vous trouverez également des salles et objets cachés, telles que les figurines du DoomGuy. C’est mignon tout plein et ça permet de débloquer les modèles 3D des monstres et protagonistes que vous croiserez : Exemple typique de bonus inutiles et pourtant que j’adore collectionner et regarder sous tous les angles.

doom cacodemonBon, revenons à nos démons ! Il y en aura pour tous les goûts : des petits, des moyens, des gros, des moches et des très moches ! Tous avec des patterns différents, un QI proche de celui d’une betterave, et un objectif commun : vous faire bobo (et ils le font bien). Pour vous défendre contre ces sales bêtes, il y a, certes votre équipement, mais aussi l’environnement avec ses barils explosifs, ses propulseurs et autres TP. Plus vous avancerez, et plus la map se verra fournie en éléments de ce genre, disposé ici et là, dans des lieux qui sont de plus en plus identifiables.

En effet, le level design, qui se prête bien aux échanges musclé, a du mal à nous cacher sa logique (ses grosses zones de combat) : des grands espaces, sur un ou plusieurs niveaux, clairement pensés comme des arènes, vous mettront la puce à l’oreille avant même de vous y engager. Ce n’est pas grave, mais on a, du coup, souvent un petit temps d’avance sur ce que le jeu tend à nous proposer en terme de rythme. On sent que ça va chauffer juste à l’agencement de certaines zones. Des zones, qui une fois que vous y êtes, on vraiment des allures de cour de récré pour bourrin, tant tout dans ce jeu est pensé pour nous offrir le défouloir le plus grisant qui soit. En cela le jeu réussi, je trouve, à être une très bonne retranscription de l’esprit du premier Doom : de vastes niveaux parsemés d’ennemis, un arsenal conséquent, des zones secrètes et bien sûr, des Boss. Le tout servi par une jouabilité exemplaire dans la pure tradition ID software.

doom bestaire

Si visuellement on retrouve un certain héritage avec Doom 3 (via les terminaux interactifs et l’aspect général du complexe de l’UAC), on abandonne complétement le côté horrifique et inquiétant initié par ce 3ème opus (que j’avais beaucoup apprécié d’ailleurs).

En effet, même si on reste dans une ambiance sale et monstrueuse, oubliez l’idée même de frisson. Vous n’allez pas trembler des genoux en jouant à cette mouture de 2016. Parce que le fait est que vous incarnez, une fois de plus, un personnage tellement Badass et puissant, que vous vous avancez sereinement dans la mêlée (le jeu est pensé comme ça). Ça ne va pas vous empêcher de vous faire tuer car ce Doom propose tout de même une difficulté plus que correcte, mais vous n’aurez pas l’appréhension de ce qui se cache dans le noir, contrairement au titre de 2005. On revient au fondamentaux de la licence, à savoir : moi avancer/ moi tuer. Et puis, de temps en temps, ramasser une clé de couleur, pour ouvrir la porte correspondante. Vous n’allez pas vous claquer un AVC en réfléchissant de trop, ça c’est certain. En plus, les niveaux, aussi sympas soient-ils, sont moins labyrinthiques que ce à quoi nous avons été habitué.

Par contre, rarement un Doom aura joui d’une direction artistique aussi poussée. Les environnements sont bien fournis en détails cohérents avec l’univers proposé et sont un gros plus à l’ambiance générale du jeu. Si on m’avait dit qu’un jour, dans un Doom, je prendrais la peine de m’arrêter pour contempler certaines zones, je ne l’aurais pas cru.

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Enfin, même si la challenge est bel et bien présent dans ce titre, et qu’il y a fort a parier que vous allez finir plus d’une fois en bouillie, on constate que la courbe de difficulté souffre de quelques faiblesses en fin de jeu.

En effet, sur les 75 / 80% du titre, on sent bien que les choses se corsent petit à petit, avec des arènes toujours plus garnies en ennemis, mais hélas, on finit peu à peu par stagner là où le jeu aurait au contraire dû nous permettre de lâcher les chiens ! On en vient à trouver une zone confort dans des combats qui, de fait, perdent un peu de leur saveur. Rien de rédhibitoire, je vous assure, on s’amuse bien quand même mais les dernières heures du jeu tombent dans une petite routine qui jure un peu avec la traditionnelle recette des Doom, au point de rendre certains combats de boss, sinon facile, au moins anecdotiques.

Le prix, peut-être à payer pour un jeu qui cherche à séduire un publique plus large et moins enclin à se sortir les doigts du cul. Reste les niveaux de difficultés, qui pourront cependant s’aligner davantage sur les exigences de certains d’entre vous (mais sans influer pour autant sur la courbe de difficulté en elle-même).

Ce Doom 2016 souffre donc de quelques petites failles ici et là, mais l’expérience globale qui en ressort reste suffisamment satisfaisante pour que l’on ne lui en tienne pas rigueur bien longtemps.

ID software réussi encore en 2016 le pari de nous offrir le meilleur exutoire possible, et de réveiller le virtuose du steak haché qui sommeille en nous (et ça c’est beau). Notez que Le studio texan reste relativement traditionnel dans son approche, puisque mettant à disposition des joueurs, un éditeur de maps (et d’évènements) absolument fou. SnapMap, de son petit nom, vous permettra en effet, de créer vos propres environnements, de les agencer comme vous l’entendez, et de les remplir avec les bestioles que vous préférez, en personnalisant leur comportement, leur résistance, les évènements qui vont se déclencher sur votre passage, en passant par les ambiances lumineuses, les ambiances sonores etc. De quoi ravir tous les créatifs et moddeurs en puissance. On trouve d’ailleurs déjà sur le workshop, pléthore de créations vraiment démentes qui promettent de longues heures de carnage supplémentaire !

Doom 2016 c’est un héritage du Fast-FPS sale et bruyant qui se perpétue avec brio, et auquel les développeurs ont ajouté quelques ingrédients plus modernes qui, selon les goûts, passent plus ou moins bien. Il en ressort un titre parfois inégal mais toujours grisant et sanguinolent au possible, qui se distingue encore des autres FPS tant par son ambiance que par sa prise en main 4 étoiles. Le roi du défouloir est toujours en place et il s’appelle Doom !

Alors si tu as la gâchette qui te démange, et que l’idée de répandre généreusement de la tripaille au rythme de percussions effrénées te titille, mon conseil sera le suivant : tu poses ton cerveau et tu te casses sur Mars !

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